Catastrophes naturelles et responsabilité des pouvoirs publics: Cas des inondations de ces temps-ci au Burkina Faso du pouvoir KABORÉ

Fin août 2020 : en pleine saison des pluies en Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso, Ouagadougou dans le cas précis de notre présente réflexion, reçoit la générosité de dame nature qui gratifie la capitale politico-administrative et poumon économique du pays, de pluies abondantes, d’une telle intensité à transformer cette bénédiction divine en malédiction, colère des cieux contre le pays qui se veut pourtant celui des « Hommes intègres ».

Début septembre 2020 : le cauchemar se poursuit, avec son cortège de destructions d’habitations, d’infrastructures routières et de logements publics (écoles et autres bâtiments administratifs) réceptionnés pour la plupart seulement récemment (à peine quelques mois) et en cours de construction pour d’autres.

L’effondrement quasi systématique de ces infrastructures publiques à chaque forte pluie, a fini par ériger dame nature en « baromètre de l’efficacité de l’action gouvernementale en matière de réalisation des travaux publics au Burkina Faso ».

Si fait que : la résistance des infrastructures publiques aux fortes pluies, est synonyme de l’efficacité de l’action du gouvernement dans le processus de « suivi – exécution » de ces réalisations publiques.

La destruction de ces mêmes infrastructures publiques à la moindre pluie, constitue la preuve irréfragable de l’échec de l’action gouvernementale, donc de l’absence de sérieux dans le cycle de « suivi – exécution » de ces infrastructures publiques.

Cette épreuve de « test pluie », véritablement détermine le niveau de conscience, de Responsabilité des pouvoirs publics dans leurs actions de développement public.

Et cette Responsabilité des pouvoirs publics se trouve inscrite dans ce que « Gouverner, c’est prévoir ».

Car en effet, une gouvernance responsable, conséquente, impose de prendre toutes les dispositions qu’il faut, pour prévenir la survenance de tous types de catastrophes naturelles, comme le cas précis de notre entretien du jour : les inondations et la destruction des infrastructures publiques réalisées ou en cours de réalisation.

La prévention contre ces catastrophes naturelles, c’est avant tout : le sérieux à observer religieusement dans le « suivi – exécution » de la réalisation des infrastructures publiques.

Ce « suivi – exécution », c’est « confier la réalisation des infrastructures publiques aux entreprises réellement compétentes », à « compétences éprouvées dans la réalisation de telles infrastructures ».

Sur ce principe objectif de « compétences réelles et éprouvées », le « suivi – exécution » exclue automatiquement tout copinage dans l’attribution des marchés publics portant réalisation de ces infrastructures publiques.

Laquelle absence de copinage produira dès lors l’effet automatique heureux du sérieux qui s’imposera de lui-même dans le « suivi – exécution » de ces marchés publics.

Sinon dites, bonnes gens :

comment le sérieux peut-il s’inviter dans le « suivi – exécution » d’un marché public attribué par copinage (en violation du principe objectif préalable de « compétences réelles et éprouvées » ?

Disons-le ici sans sourciller : aucun sérieux ne peut être observé dans le cas d’attribution de marchés publics sur la base exclusive du copinage, disons plutôt de l’encoquinage ; car cet « encoquinage » crée une « communauté d’intérêts entre le bénéficiaire du marché public et les représentants des pouvoirs publics, chargés du suivi – exécution de ces marchés » !

« Nul ne pouvant être ennemi de ses propres intérêts » dans cette ambiance de profits où l’intérêt général est mis totalement entre parenthèses en faveur de la somme des intérêts privés en présence, la conséquence immédiate fatale de cette « entente mafieuse », c’est la destruction de la qualité des infrastructures publiques à réaliser ; d’où leur effondrement comme des châteaux de cartes au moindre test pluie !

Si ainsi, rien qu’à la base les pouvoirs publics se sont révélés par laxisme incapables d’assumer pleinement leur responsabilité publique par l’attribution des marchés publics aux entreprises qualifiées réellement pour les exécuter :

Que peut-on attendre de ces autorités publiques dans les mesures connexes d’accompagnement dans la prévention des catastrophes naturelles ; notamment ici dans les gestes quotidiens à inculquer aux populations pour prévenir de la survenance de ces inondations ?

Pas grand-chose, sinon RIEN, singulièrement dans les actions d’entretien des canaux d’évacuation des eaux pluviales !

Conséquence de cette absence de responsabilité des pouvoirs publics : ordures ménagères, déchets industriels et autres en tous genres sont déversés à longueurs de journées dans les conduits aménagés, exclusivement dédiés à l’évacuation des eaux pluviales à travers toute la ville de Ouagadougou !

Pire : les marchés publics portant sur l’entretien de ces infrastructures publiques par la mairie centrale de la ville de Ouagadougou, sont l’objet de captations des représentants des pouvoirs publics dans leurs propres intérêts, par attribution de ces marchés à leurs copains – coquins !

Résultat : l’entretien des caniveaux se fait dans le meilleur des cas à hauteur de 15% maximum du taux d’exécution de ces marchés publics !

Le reste des sous glanés ainsi par entente mafieuse, criminelle au détriment de la collectivité publique, est soigneusement, de façon éhontée, réparti entre les éléments de cette bande mafieuse !

Le scandaleux et révoltant constat de cette situation, naturellement c’est l’inertie des pouvoirs publics dans la répression de ces malversations, même lorsqu’elles venaient à être découvertes et rendues publiques dans les médias !

Des exemples de scandales publics abondent ici, où l’impunité jusque-là a prédominé comme principe de gestion de ces situations d’atteintes graves aux intérêts de la collectivité publique !

En revanche : pour les besoins de conservation du pouvoir d’Etat, les mêmes autorités politiques sont dans la promptitude à jouer les bons samaritains en puisant (encore) dans les caisses publiques pour, prétendent-elles, « soulager les douleurs des populations sinistrées du fait des inondations », en leur offrant qui dés vivres, qui des sacs de ciment pour se reconstruire de nouveaux logis !

Comme si l’absence de vivres et de logements était la cause du sinistre de ces populations !

En effet, même si se nourrir et pouvoir se reloger s’inscrivent dans les besoins immédiats des populations sinistrées du fait des inondations, elles ont le plus besoin d’apprendre à mieux se comporter pour dégager leur part de responsabilité dans cette situation qu’elles vivent, qui ne saurait leur être totalement imputée !

Car si les pouvoirs publics avaient assumé pleinement leur responsabilité dans la prévention, même si le risque zéro n’existe humainement pas en matière d’inondation, eh bien : les dégâts pour les populations en seraient amoindris en les minimisant, et les réponses à apporter en cas d’inondations seraient bien plus conséquentes, plutôt que le « pansement en ce moment sur ces plaies profondes », en « total irrespect de leurs causes premières » qui, elles sont « profondes », allant au-delà de la superficialité où les responsables politiques entendent les confiner par irresponsabilité soudée au laxisme ! C’est pourquoi, la récente sortie publique du président de l’assemblée nationale, Alassane Bala SAKANDÉ, où on l’y voit dans la posture malaisée de « samaritain du dimanche », auprès des populations sinistrées pour, veut-il nous le faire gober, « soulager leurs difficultés » par un « don de matériaux de construction », se pose en réalité imposture insultant l’honneur et la respectabilité de la collectivité publique, de par la responsabilité avérée, démontrée plus haut, des autorités politiques dans la survenance des inondations dont les populations sont victimes !

Le « pompier pyromane », tel se présente à l’analyse des faits, Bala SAKANDÉ pour les populations sinistrées !

I En outre, à quel titre (donc pour le compte de qui) a-t-il posé cet acte :

1. en sa qualité de président de la représentation nationale ?
2. en tant que politique soutien du Candidat Président à la magistrature suprême nationale, Roch Marc Christian KABORÉ ?

Dans le premier cas (en qualité de président de l’assemblée nationale), sans dénier à la représentation nationale la faculté de porter secours et assistance aux populations en cas de sinistre, des canaux légaux existent pour agir dans ce sens.

Ont-ils été empruntés par Bala SAKANDÉ dans ses actions en faveur des populations sinistrées, qui ont été rendues publiques par voie de presse ?

Tout porte à croire que non. Nous reviendrons plus amplement très prochainement sur CE que peut faire le président de l’assemblée nationale dans les situations de sinistre, au nom de la représentation nationale.

Dans le même temps, l’occasion sera ainsi offerte de fixer les limites de ce type d’intervention ; parce que comme vous pouvez vous en doutez, la qualité de président de l’assemblée nationale, n’est guère un blanc seing donné pour tout faire selon l’humeur de ce parlementaire en chef de la représentation nationale ; des règles existent, qui doivent être respectées par ce député en chef du parlement national !

Et au cas où ces règles (qui sont on s’en doute bien d’ordre impératif) venaient à être violées par le président de l’assemblée nationale en cas de sinistre, eh bien son action ne peut plus être frappée du sceau de la représentation nationale ; elle se revêt de la qualité d’acte privé propre à la personne du président en tant que Burkinabè lambda.

Dès cet instant, il s’impose d’analyser l’origine des fonds utilisés par ses soins pour faire sa donation aux populations sinistrées ; car les fonds utilisés par le président de l’assemblée nationale, à titre privé, ne peuvent guère provenir des fonds spéciaux légalement prévus et mis à sa disposition exclusivement pour couvrir toutes les actions d’intérêt national nées des nécessités de l’action parlementaire ; ce qui exige cette utilisation respecte les règles évoquées tantôt ci-devant auxquelles le président de la représentation nationale est astreint dans ses actions posées au nom du parlement national !

Bala SAKANDÉ se rendrait dès lors coupable d’usage détourné, frauduleux de deniers publics par abus d’autorité.

Toutes les conséquences de droit sont alors ici à être tirées de cet usage détourné des fonds spéciaux légaux de l’assemblée nationale, à des fins purement politiciennes privées non-couvertes de juré !

Sinon, naturellement qu’il peut à titre individuel, en tant que Burkinabè lambda, porter secours et assistance aux populations sinistrées.

Dans cette dernière occurrence : il ne peut que le faire avec ses deniers à lui propres !

La veille se doit d’être pour ce faire sur l’utilisation des fonds spéciaux prévus légalement pour le président de l’assemblée nationale, pour éviter tout abus, surtout en cette période électorale 2020 où la tentation à faire dans l’abus au niveau de l’utilisation des finances publiques est, on ne peut plus, très élevée !

« Le gouvernement du Peuple par et pour le Peuple » qu’est la Démocratie, il y a lieu de tout faire pour que les bénéficiaires du mandat du Peuple pour le représenter – en agissant en son nom et pour son compte – n’utilisent abusivement ce pouvoir provisoire (le Peuple disposant dans ce même temps de la plénitude de son pouvoir en étant en mesure de récuser à tout moment ses mandataires sans aucune autre forme de procès) contre les intérêts de ce même Peuple ; comme ce, semble bien le cas avec la récente sortie publique du président de l’assemblée nationale en faveur des populations sinistrées, victimes des inondations provoquées au premier chef par le laxisme des autorités politiques dirigeantes nationales du Burkina Faso !

Gardons à l’esprit constamment cette pensée de Maximilien de Robespierre, qui fonde la Démocratie ; à savoir que :

 » La démocratie est un État où le Peuple  souverain, guidé par des lois qui sont son ouvrage, fait par lui-même tout ce qu’il peut bien faire, et par des délégués tout ce qu’il ne peut pas faire lui-même.  »

Ci-dessous, les chefs d’oeuvre du pouvoir KABORÉ en matière de gouvernance responsable dans l’intérêt des populations ; vous ne rêvez pas, vous êtes bien en 2020 ; précisément en fin août début septembre 2020 .

Vivement le 22 novembre 2020, pour l’avènement du Dégagisme au Burkina Faso avec la tenue des élections ce jour-là !

  1. Tribune de :
    Mahamadou SOULAMA
    Juriste – Journaliste – Diplômé en communication politique.
    Aix-en-Provence, France.
Moussa Diawara
Journaliste reporter d'images, administrateur Gl à reporterguinee.net Aime le voyage, la lecture, la découverte et le sport