Affaire Kalinko : Le verdict de la justice laisse un goût d’inachevé(Par Moussa Diawara)

Le feuilleton judiciaire dans l’affaire de la violence électorale de kalinko, dans la sous préfecture de Dinguiraye a connu une fin sans queue ni tête, le jeudi 18 Avril dernier. Le tribunal correctionnel de Faranah a libéré les dix détenus restants pour faute de preuve, dit-on, et condamner par contumace 112 autres accusés contre lesquels des mandats d’arrêt ont été décernés. A travers ce verdict le juge a joué gros jeu laissant ainsi sur leur faim des milliers d’observateurs qui avaient les oreilles tendues de ce côté. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tacitement, il n’y a pas eu de coupables dans cette affaire. En tout cas, si l’on s’en tient à cette maladresse de la justice. Des victimes, bien sûr il y en a eu : Quatre gamins ont été tués, des habitations, des commerces et même des champs ont été réduits en cendre. En tous les cas, les victimes ne pouvaient pas s’attendre à grand-chose dans une affaire politico-judiciaire où la majorité des coupables présumés ont été déjà libérés sans procès. C’est pourquoi quand nous avons appris que des mandats d’arrêts ont été servis pour sans doute amuser la galerie, nous ne pouvions que rire de cette bêtise car la majorité des coupables circulent déjà librement à Conakry. Mon œil! Ce verdict qui vient libérer par la manière la plus lâche la dernière vague des détenus, fait monter la mayonnaise dans les rangs des victimes chez les quelles riment colère et déception du fait d’une justice mal rendue. Sous d’autres cieux, le sang a giclé. Mais le cas de figure de la sous-préfecture Kalinko où la violence électorale du 04 février 2018 a été des plus ignobles, mérite qu’on y réfléchisse d’avantage avec beaucoup d’intelligence. C’est dire peu que d’affirmer que le Rubicon a été franchi dans cette crise. Plutôt que de devenir une belle occasion de réconciliation des peuples de cette sous-préfecture cosmopolite, ce procès que la partie civile voulait juste et équitable jette de l’huile sur le feu en développant l’esprit revanchard. La crainte du retour de la violence aux retombées fâcheuses et le risque de propension dans tout le pays entier devrait désormais être une préoccupation de l’Etat. Bien malin l’esprit qui saurait prédire l’avenir dans cette zone désormais à haut risque de turbulence intercommunautaire. Et pourtant, dans l’une de nos publications précédentes nous avons dénoncé le l’axisme par lequel la justice s’y prenait. Nous avons également dit sa faiblesse. Les faits ne nous donnent-ils pas raison ? Kalinko et ses dix sept districts qui étaient un véritable havre de paix où les différentes communautés y vivaient dans la plus grande cohésion voit ce précieux trésor voler en éclat et menacés d’explosion.  Conséquence, les familles entières se sont disloquées à jamais. Aujourd’hui, les meilleurs amis d’hier sont devenus les pires ennemies. Nous n’arreterons jamais d’interpeller l’Etat à sa responsabilité dans cette affaire kalinko qui ressemble plutôt à un volcan endormi. Il a encore du pain sur la planche car tous les ingrédients sont réunis pour une crise sociale aux conséquences imprevisibles.

Moussa Diawara

Moussa Diawara
Journaliste reporter d'images, administrateur Gl à reporterguinee.net Aime le voyage, la lecture, la découverte et le sport